Héritiers de l'UDF. "Le centre, dans cette région plus qu'ailleurs, c'est historiquement le centre-droit". C'est à partir de ce rappel que Rudy Salles, vice-président de l'Assemblé nationale, a officiellement intronisé, hier soir à Aix-en-Provence, le maire de Ventabren, Claude Filippi, pour baptiser la fédération départementale du Nouveau Centre. Objectif, reconstruire une base militante après l'atomisation de l'UDF sous les coups de boutoir de François Bayrou et de son MoDem.
"En créant dans l'urgence le Nouveau Centre entre les deux tours de la présidentielle, nous avons sauvé l'expression politique de nos valeurs au Parlement, souligne le député niçois qui a la charge d'organiser ce maillage territorial. Maintenant, nous devons nous organiser pour être présents aux prochaines élections municipales". Une soixantaine de départements sont à cette heure dotés de bureaux à titre provisoire, l'objectif étant de boucler ce travail de fondations avant la fin du mois de novembre et de séduire, en vue des municipales, de 25 à 30 000 adhérents, dont un bon millier dans les Bouches-du-Rhône. La gestation est cependant loin d'être achevée : les têtes d'affiche locales de l'UDF ne participaient pas à cette réunion, sans doute par souci de ne pas (encore ?) laisser l'espace politique que cherche à se créer le MoDem entre de mauvaises mains. "Le centre n'a jamais été aussi éclaté alors que ses idées n'ont jamais été autant présentes" commente Rudy Salles après s'être félicité que trois des cinq maires UDF de ce département - Claude Filippi, Robert Dagorne (Eguilles) et Roland Giberti (Gémenos) - aient rejoint cette formation politique.
Membres de la majorité présidentielle mais "libres et indépendants", tous se définissent comme les "véritables héritiers" de l'UDF. C'est aussi à ce titre qu'ils mèneront la bataille des municipales. Des primaires "amicales" pourront donc très bien se jouer, au gré des circonstances et des ambitions, face à des listes étiquetées UMP. L'impossible n'étant pas au centre, en particulier dans ce département, on peut même imaginer des alliances avec des électrons libres du MoDem. Mais il faudra choisir son camp : en France, "le ni droite ni gauche, ça ne fonctionne pas" résume Claude Filippi à l'adresse du "très respectable" François Bayrou.
Michel-Philippe Baret
Article de presse que "La Provence" consacre au Nouveau Centre
page nationale du vendredi 5 octobre 2007